Sotheby's : 303,9 M$ pour la Modern Evening Sale, Matisse vedette à 48,4 M$
La maison new-yorkaise signe une vacation solide, portée par une bataille d'enchères de dix minutes pour La Chaise lorraine
La Modern Evening Sale de Sotheby's, organisée le 19 mai 2026 dans les galeries new-yorkaises de la maison, a totalisé 303,9 millions de dollars frais inclus. Un résultat solide, dans la fourchette des estimations, qui confirme l'inflexion observée depuis l'automne 2025 : le marché du haut de gamme reste actif, mais sélectif, loin de la frénésie spéculative des années 2021-2022.
Matisse, vedette d'une vente sans dérapage
Le clou de la vacation a été l'adjudication de La Chaise lorraine d'Henri Matisse, une huile sur toile peinte à Vence, pour 48,4 M$ frais inclus. La bataille a duré près de dix minutes dans la salle, entre plusieurs enchérisseurs téléphoniques relayés par les spécialistes new-yorkais de la maison. Le tableau devient ainsi le deuxième Matisse le plus cher jamais vendu aux enchères.
Le second sommet est revenu à Pablo Picasso avec Arlequin (Buste), adjugé 42,6 M$ frais inclus. L'œuvre, qui n'avait pas reparu sur le marché depuis plusieurs décennies, avait été présentée comme l'un des lots-phares de la vacation par les équipes commerciales de Sotheby's.
Une saison new-yorkaise plus disciplinée
Sotheby's a réussi à éviter les retraits massifs qui avaient pesé sur certaines saisons précédentes. La maison a privilégié des estimations resserrées et un nombre de lots maîtrisé, une stratégie payante dans un climat où les acheteurs exigent de la qualité, une fraîcheur sur le marché et un track record d'exposition institutionnel. Les commissaires-priseurs maison ont reconnu en conférence de presse que la prudence des collectionneurs imposait de « ne pas surcharger les vacations ».
Cette vente s'inscrit dans la marquee fortnight new-yorkaise du printemps 2026, qui réunit Christie's, Sotheby's et Phillips sur deux semaines. Le cumul des trois maisons devrait approcher 1,85 milliard de dollars au total selon les premières estimations, en franche hausse par rapport au printemps 2025.
Ce que le résultat dit du marché
La lecture des spécialistes converge : le marché du moderne et de l'après-guerre n'est pas en repli, il s'est normalisé. Les œuvres iconiques, bien provenancées, restent disputées ; les pièces secondaires ou les estimations trop ambitieuses peinent désormais à trouver preneur. Une discipline qui rejoint les conclusions du rapport Art Basel & UBS publié en mars : le bas de marché tient, le haut de marché redevient sélectif, et c'est désormais l'entre-deux qui est le plus exposé.
Reste à voir si la même dynamique se confirmera lors des ventes contemporaines prévues plus tard dans la semaine, notamment chez Christie's après la dispersion de la collection Newhouse.